Les EXPERIENCES de

MORT IMMINENTE

"Faux départ" (87 mn)

" Faux départ" Enquête sur les EMI / NDE complet VF

Ce documentaire réunit des cardiologues, neurologues, anesthésistes, réanimateurs, médecins, psychologues, ils témoignent sans complexe pour lever un tabou qui se révèle être une mine d'or de connaissance pour la science et pour l'Homme. En abandonnant définitivement l'hypothèse de l'hallucination pour s'orienter vers une possible délocalisation de notre conscience, nous comprenons que l'ombre d'un nouveau paradigme se profile.

SONIA BARKALLAH

Journaliste, Productrice, Scénariste, et organisatrice des Premières Rencontres Internationales sur les Expériences de Mort Imminente (N.D.E) le 17 juin 2006 à MARTIGUES (13).

Sonia Barkallah - EXPÉRIENCE DE MORT IMMINENTE

 

   Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, la science prend donc très au sérieux les EMI et les phénomènes similaires. Même si Sonia Barkallah rappelle que «beaucoup de médecins et de chercheurs font encore le choix de ne pas s’impliquer, de peur d’être pris au mieux pour des farfelus, au pire pour des charlatans».

Les EMI prouvent-elles la délocalisation de la conscience ? Sonia Barkallah

 

   En France, un centre d’étude des EMI « expériences de mort imminente » ou NDE en  anglais « Near Death Experience », dirigé à Paris par le professeur de philosophie et psychologue Marc-Alain Descamps, recueille des témoignages d’«expérienceurs», comme on les appelle. Sonia Barkallah, qui a fondé avec le Dr Jean-Pierre Postel le Centre national d’étude, de recherche et d’information sur la conscience (Cneric), a organisé des conférences et a réuni à Marseille, quelques-uns des grands spécialistes des EMI pour un colloque international.

Un film de Sonia Barkallah
La sensation de se détacher de son corps, d'assister à sa propre réanimation, d'entendre les chirurgiens parler entre eux et de voir un tunnel avec au bout une lumière. Cette expérience a bouleversé leur vie, au point qu'ils ne craignent plus la mort. Longtemps considéré comme obscur et assujetti aux railleries, le phénomène intéresse aujourd'hui de nombreux scientifiques, qui s'interrogent: Comment ces personnes ont-elles pu percevoir et mémoriser des scènes de leur réanimation alors qu'elles étaient inconscientes, dans le coma et parfois déclarées morte cliniquement?

LES FAITS

 

Certains scientifiques, en effet, nient le phénomène de l’EMI et essaient d’apporter quelques explications rationnelles et physiologiques à de tels faits.

 

En premier lieu, ils expliquent que ces expériences au seuil de la mort ne sont que le dernier baroud d’honneur d’un cerveau en manque d’oxygène. Ou des manifestations chimiques dans le cerveau qui provoqueraient des hallucinations (anoxie du cerveau, effets secondaires de certains médicaments injectés aux patients). Mais cela n’explique pas certains récits ou observations.                                                                   

Prenons l’exemple de Mme Irène Badini  qui était non voyante au moment des faits. Cette dernière parvient à avoir une vision holistique, durant son EMI, et « voir » des infirmiers en salle de radiologie la faire tomber  au sol par accident,  puis  l’ont déshabillé, pris ses bijoux et les placer en lieu sûr en attendant le décès de cette malheureuse.

 

Pour le neurologue Olaf Blanke de Lausanne, ce phénomène fait partie des hallucinations et illusions comparables aux sensations de « déjà vu et de déjà vécu ».

 

D’autre part, il a activé par des électrodes une zone du lobe temporal droit du cerveau d’une de ses patientes atteinte d’épilepsie. Il s’est rendu compte qu’il provoquait chez elle des impressions d’élévation et de flottement typique des expériences hors du corps, première phase des EMI. Cette expérience est reproductible. Le professeur Blanke l’analyse comme étant un trouble de l’intégration des informations corporelles, conséquence de la chimie du cerveau. Donc pour le professeur Olaf Blanke, une désintégration des informations corporelles visuelles et tactiles serait peut-être une explication.

 

Ce même neurologue estime que les électrodes traditionnelles mesurent mal l’activité cérébrale dans la mesure où il faut passer le cuir chevelu, la peau puis l’os puis le liquide cérébro-rachidien avant d’arriver au cerveau. Rien n’empêche de penser que ce qui est mort cérébrale ne l’est pas dans les faits. On ne capterait pas ces ondes car il y a beaucoup de filtrage avant que les signaux n’arrivent aux électrodes. Donc, nos outils scientifiques sont-ils assez fiables et adaptés pour mesurer la mort cérébrale d’un individu ? 

 

Pourtant le cas exceptionnel de Pamela Reynolds Lowery  ne va pas dans son sens.

LE CAS  "PAMELA REYNOLDS"

Pamela Reynolds Lowery  (1956 – 22 mai 2010), originaire d'Atlanta en Géorgie, était une parolière et chanteuse américaine. En 1991, à l’âge de 35 ans, elle déclare avoir eu une expérience de mort imminente (EMI) durant une opération d’un anévrisme géant au tronc basilaire réalisée par le chirurgien Robert F. Spetzler au Barrow Neurological Institute  à Phoenix en Arizona.

Son expérience figure parmi les études les plus largement documentées sur les expériences de mort-imminente en raison des circonstances inhabituelles sous lesquelles elle s’est produite. Reynolds était sous surveillance médicale étroite pendant toute l'opération. Pendant une partie de l'opération, elle avait un électroencéphalogramme plat et son cerveau n’était plus irrigué par la circulation sanguine, ce qui la rendait cliniquement morte. 

 

Avoir un tel anévrisme est très délétère, il peut se rompre et saigner à tout moment, détruisant alors le tronc cérébral adjacent  et causant la mort. Enlever un tel anévrisme géant est très délicat et sa localisation est également très difficile à approcher. Pour réaliser cette opération à hauts risques, le neurochirurgien Robert Spetzler a utilisé la technique nommée « arrêt cardiaque hypothermique », dont il a l'expertise et qui consiste à mettre en place une circulation sanguine extracorporelle afin d'abaisser la température corporelle à 15,6 °C (60 °F) en réinjectant le sang progressivement refroidi, arrêter la respiration et les battements cardiaques, et drainer le sang hors de la tête. Ceci permet d'enlever l'anévrisme sans perte de sang excessives aussi bien que de protéger les tissus cérébraux adjacents de dommages éventuels.

L'équipe chirurgicale a pu alors enlever l'anévrisme. L'opération a été un succès et Pamela Reynolds s’est complètement rétablie.

Elle fit plusieurs observations au sujet de la procédure qui a ensuite été confirmée par le personnel médical comme exactes. 

 

Première partie de l’EMI.

 

   L'histoire de Pamela Reynolds a été présentée par le Dr Sabom dans son livre "Light & Death "après en avoir pris connaissance auprès du neurochirurgien Robert F. Spetzler. Le Dr Michael Sabom est le co-fondateur de l'association IANDS, avec le Dr Raymond Moody, Kenneth Ring, Bruce Greyson et John Audette. Cette association a pour objectif de promouvoir le point de vue spirituel sur les EMI dans la société civile. Dans "Light & Death", Pamela Reynolds déclare que pendant l'opération, avant la mise en œuvre de l’arrêt cardiaque, elle a entendu un bruit semblable à la note "ré" naturel. Le bruit lui semblait sortir de son corps. Elle s'est ensuite sentie sortir de son corps par la tête. Elle se sentait flottante dans la salle d'opération et regardait les médecins effectuer l'opération. Elle se sentait plus consciente que la normale et sa vision lui paraissait plus ciblée et plus claire que la vision normale. Elle a fait plusieurs observations dans cet état, par exemple :

   -Elle a observé que le médecin ouvrait son crâne à l'aide d'une scie à trépaner. Elle était surprise de remarquer que l’outil ressemblait à une brosse à dents électrique et non pas à une scie oscillante, comme elle le supposait.

 

   -Elle a entendu une voix de femme dire : « Nous avons un problème. Ses artères sont trop petites. » Il a été confirmé plus tard que les médecins ont d'abord essayé de connecter le bypass cardiopulmonaire à la jambe droite, mais les artères étaient si petits qu'ils l'ont connecté à la jambe gauche.

 

   -À un certain moment au cours de l'opération, elle a remarqué une présence et a observé un point lumineux. Notons qu’il est difficile d’interpréter ce qui est arrivé pour une personne inexpérimenté en la matière de décrire exactement ce qui est plus de l’ordre du ressenti et du spirituel que tout autre chose de notre train train quotidien.

Jean-Jacques Charbonier, médecin anesthésiste réanimateur est connu pour son recensement  de témoignage validant, selon lui, l’hypothèse d’une vie après la mort et de l’existence d’une conscience indépendante à une activité neuronale.               

En effet, on sait aujourd’hui que dans les 15 secondes qui suivent l’arrêt cardiaque, on a une mort clinique. Donc les personnes qui sont revenues d’un arrêt cardiaque sont revenues d’une mort clinique. Or dans 18% des cas,  selon lui, ces personnes nous racontent à peu près la même expérience. Grâce à ces expérienceurs, nous pouvons comprendre comment fonctionne la conscience.

 

Seconde partie de l’EMI.     

 

   Pamela Reynolds a été ensuite attirée par une lumière. En se rapprochant de la lumière celle-ci est devenue très lumineuse. Elle a commencé à discerner des personnages au sein de la lumière, notamment une de ses grand-mères, un oncle, d'autres parents décédés et des personnes inconnues d’elle. Mais à un certain moment, son oncle lui a rappelé qu'elle devait retourner dans son corps. Quand elle a regardé sa dépouille corporelle, elle ne voulait pas la réintégrer. Son oncle a essayé de la convaincre, mais elle refusait obstinément d'y retourner. Son oncle l'a alors poussé dans son corps sans qu'elle n'arrive à comprendre comment. 

En fait, il s'agirait peut être des conséquences de la défibrillation entamée par l'équipe de soignants pour démarrer son cœur. Reynolds a remarqué que la sensation de retourner à son corps était comme celle de sauter dans l'eau glacée. Ce récit d'EMI a gagné une popularité internationale depuis sa publication en 1998.

La vie après la mort, NDE, mort provisoire - Dr Jean Jacques Charbonier, Toulouse

Conférence "Les 7 bonnes raisons de croire à l'au-delà"

LE CAS EMBLÉMATIQUE DU DOCTEUR EBEN ALEXANDER

 

   L’histoire d’Eben Alexander, en dehors de son cursus scientifique hors du commun, est somme toute assez classique : en 2008, à l’âge de 52 ans, il a été victime d’une forme très rare de méningite foudroyante et s’est retrouvé plongé dans le coma pendant une semaine avec un encéphalogramme quasi-plat. Mais, pendant que son cerveau ne montrait pratiquement aucun signe d’activité, Eben Alexander vivait, selon ses propres termes, une «odyssée lumineuse et parfaitement cohérente ».

Les visions qu’il décrit dans son livre correspondent aux représentations les plus traditionnelles du paradis : musique céleste, ciel glorieux, paysages édéniques et papillons multicolores. Une très belle femme l’a même accompagné au cours de son périple dans l’au-delà : «Je me souviens d’elle dans tous les détails. Elle était jeune, avec des pommettes très hautes, des yeux d’un bleu très profond, et des tresses auburn qui encadraient son joli visage ».

 

Pourtant, il était jusqu’à cette expérience très sceptique sur les EMI et, bien que baptisé, il ne croyait pas à la survivance de l’esprit : « En tant que neurochirurgien, je n’accordais pas de valeur objective aux expériences de mort imminente. Mais je ne vois aucune explication scientifique au fait que pendant que mon corps reposait inerte sur un lit et que mon cortex cérébral était réduit à l’inactivité par une bactérie, mon esprit, mon moi intérieur, voyageait dans une dimension que je n’aurais jamais imaginée (…) Un univers peuplé d’êtres plus avancés, semblables à des anges".

 

Le Dr Eben Alexander est revenu de ce voyage avec la conviction profonde que la conscience humaine dépasse le fonctionnement complexe de notre cerveau. Son livre est d’autant plus troublant que cet homme n’a rien d’un illuminé et encore moins d’un gourou. Il est fils de neurochirurgien et a grandi « dans l’univers rigoureux et rationnel du monde scientifique», avant de devenir professeur de neurochirurgie à l’école de médecine de Harvard. C’est un brillant scientifique qui se trouve confronté à la mort.

L’expérience d’Eben Alexander n’est pas un cas isolé. Depuis les recherches du Pr Raymond Moody à la fin des années 70, on appelle ce qu’il a vécu une expérience de mort approchée ou de mort imminente (EMI). 4 à 8 % des Occidentaux ont vécu des expériences transcendantes.

Experience de Mort Imminente (EMI) du Dr Eben Alexander, neurochirurgien

Le Dr Eben Alexander, neurochirurgien, nous raconte son expérience de mort imminente

 

   En 2001, le prestigieux journal médical Lancet a publié les travaux d’un cardiologue, Pim Van Lommel, où celui-ci détaillait les cas de 344 patients réanimés après un arrêt cardiaque. 18 % ont rapporté des expériences de mort imminente avec d’étranges similitudes dans leurs témoignages, comme le fait de sortir de leur corps, de traverser un tunnel, de voir des paysages célestes ou de communiquer avec des êtres de lumière. Depuis, de nombreux témoignages ont été recueillis à travers le monde, de façon plus ou moins rigoureuse.

 

Une fondation internationale pour la recherche sur les expériences de mort imminente (NDERF) a été créée et des équipes de chercheurs travaillent sur les EMI ou les phénomènes de décorporation (possibilité de sortir de son corps et de l’observer) en Suisse, au Canada, aux États-Unis… «Les expériences de mort imminente sont bien réelles, soutient le fondateur de la NDERF, le Dr Jeffrey Long. Les témoins de tous âges, de toutes nationalités et de toutes religions racontent  souvent avoir vu ou entendu des choses, alors qu’ils étaient inconscients et loin de leur corps et aucune explication physiologique ne peut résoudre ce mystère.»

Les grandes étapes de l’ EMI.

 

   Voici maintenant un aperçu en détail sur le ressenti des expérienceurs qui a été recencé à travers les différentes études réalisées.

 

...1... Perte du contact avec l'entourage. Ceci vaut surtout pour les malades en hôpital. Impossibilité de remuer, puis la vue ce brouille et enfin l'ouïe ne capte plus qu'un bruit confus, puis, plus rien.
Souvent sentiment d'isolement, mais qui ne durera pas.

...2... Sortie du corps physique.

...3... Flottement à faible hauteur et vision de son propre corps, inerte, sur le lit, la route, ou même simplement sur le lit sur lequel on s'est assoupi.


...4... Vision de l'entourage, médecins, secouristes ou famille et amis. Mais il s'agit d'une vision différente de la nôtre, d'une vision totale, à 360 degrés. L’expérienceur entend  leurs pensées avant même qu'ils n'aient le temps de les exprimer. Mais on ne peut se faire voir, ni entendre d'eux. Si on essaye de les toucher, on a l'impression de les traverser.

...5... Déplacement immédiat. Il suffit de penser à quelqu'un pour se trouver dans le même lieu que lui, quelque soit la distance.

...6... Après quelque temps, s'ouvre un tunnel ou un couloir, un tube... Souvent sombre mais parfois coloré, généralement en pente douce vers le haut. On s'y sent aspiré, attiré, on y glisse à très grande vitesse.

...7... Au bout du tunnel, on  aperçoit une petite lumière, minuscule, au début, comme une étoile lointaine. En approchant, elle devient immense et, débouchant hors du tunnel, c'est alors la rencontre, la fusion avec  cette lumière, lumière ressentie comme  pur Amour.

...8... Dans cette lumière, il y a un ou plusieurs êtres, lumière dans la lumière. Ils connaissent  tout de notre vie, et pourtant, on se sent aimé par eux d'un amour infini, inconditionnel, quoi qu’on ait fait.

 

...9... Alors, on commence à voir défiler toute sa vie, découpée scène après scène, mais le plus souvent en commençant par la dernière, puis l'avant dernière, etc... Mais on se voit de l'extérieur, tout entier, et on ressent intérieurement non seulement tout ce que l'on a éprouvé lors de chacune de ces scènes, mais aussi ce que l'on a fait éprouver aux autres, en peine comme en joie.

...10... Pendant cette révision de vie, on ne voit plus l'être de lumière mais on sent sa présence. Il commente les scènes par télépathie, mais toujours avec amour. La grande question qu'il nous pose est : « Qu'as-tu fait de ta vie ? C'est-à-dire : qu'as-tu fait pour les autres ? »

...11... On retrouve généralement ses proches parents, conjoints, amis...

...12... On a le sentiment d'avoir accès à une connaissance totale. Il suffit qu'une question surgisse en nous pour avoir la réponse (connaissance oubliée à notre retour sur terre, mais on peut en garder quelques intuitions).

...13... Certains aperçoivent au loin, très loin, une cité lumière.

...14... Une limite apparaît au-delà de laquelle ce serai la mort définitive. Ce peut-être un sillon dans le sol, une barrière dans une prairie, un court d'eau, etc…

...15... Malheureusement  l'heure définitive n'est pas arrivée. L'être de lumière ou des parents ou amis renvoient le mort provisoire à sa vie terrestre. Il n'a pas encore achevé sa mission sur terre.

...16... Le retour est extrêmement rapide, presque brutal.

...17... La réadaptation à la vie de ce monde est très difficile et demande de nombreuses années. Souvent des dons "paranormaux" se développent, lecture des pensées des autres, prémonitions, lectures des organes malades à travers le corps des gens, blocages des appareils électroniques...

Jérôme Bosch, Ascension vers l'Empyrée, détail (autour de 1500) Palais des Doges - Venise

La vision chrétienne médiévale, situant le paradis dans la hauteur des cieux, s’inscrivait dans la lignée de la cosmographie antique.
Cette dernière situait la demeure des dieux dans « l’empyrée », sphère céleste supérieure habitée par les dieux. Dans la pensée chrétienne l’empyrée est devenu le paradis, habitat de Dieu, des anges et des justes après-mort.

Bien que datant de la fin du Moyen Âge la montée vers l'empyrée de Jérome Bosch a le mérite de bien illustrer ce discours. L’œuvre montre l’ascension des âmes dans un tunnel d’où jaillit une puissante lumière. Cette lumière représente le rayonnement de Dieu. Les âmes sont menées jusqu’à elle par des anges, mais finissent seules l’ascension pour entrer au royaume céleste. Le tunnel entend symboliser le passage.

Dans l’Antiquité et au Moyen Age, l’empyrée était considérée comme la partie la plus élevée du ciel, celle qui a été regardée comme la demeure des dieux ou le séjour des bienheureux.
Historiquement, l’univers, la société, l’être humain lui-même ont pu être perçus à travers un système marqué par une circulation verticale entre l’au-delà et l’ici-bas. Ainsi ce monde invisible céleste donne le sens du monde visible. Ce n’est donc pas sans raison que traditionnellement le Paradis a été localisé dans les Cieux alors que les textes de la Genèse le situaient sur la Terre.

QUELQUES GRANDS PIONNIERS SUR LES RECHERCHES DES EMI

Médecin et docteur en philosophie, le Dr Raymond Moody est l’un des premiers à avoir recueilli des témoignages de personnes ayant vécu une expérience de mort imminente (EMI). Précurseur dans ce domaine, il publie en 1975 un premier livre « La vie après la vie » dans lequel, il fait part, avec une certaine prudence, de ses premières analyses. Depuis, cet ouvrage est devenu une référence sur l’après-vie.

 

Il a recueilli pendant plus de vingt ans les témoignages de personnes disant témoigner d'une expérience de mort imminente. Il a publié trois ouvrages populaires sur le sujet : La Vie après la vie (Life After Life, 1975), Lumières nouvelles sur la vie après la vie (Reflections on Life After life, 1977) et La Lumière de l'au-delà (The Light Beyond, 1988). Comme l’indique les titres, Moody a donné assez rapidement une interprétation spiritualiste des EMI. Interprétation qu'il réfutera en 1999 en publiant The Last Laugh.

Raymond Moody (né le 30 juin 1944 à Porterdale (Georgie)

   Les répercussions de leur expérience sur la conduite de leur vie ont généralement des formes plus calmes, plus subtiles. Beaucoup m’ont assuré qu’à la suite de ces évènements leur vie avait gagné en profondeur et en largeur de vues ; ils se sont mis depuis lors à réfléchir et à s’interroger davantage sur des problèmes philosophiques fondamentaux.

« En ce temps, je n’avais pas encore entamé mes études supérieures, j’avais grandi dans une toute petite ville parmi des gens assez étroits d’esprit, d’ailleurs, je n’étais pas très différente d’eux. J’étais le type de la chipie en plein âge ingrat, un rien snob par-dessus le marché. Mais après ce qui m’est arrivé, j’ai commencé à avoir envie d’en savoir plus long. Pourtant, à cette époque, je n’imaginais pas qu’il puisse y avoir des gens ayant des connaissances là-dessus ; je n’étais jamais sortie de mon petit monde clos. Je n’avais aucune notion de psychologie ni de quoi que ce soit de ce genre. Tout ce que je savais, c’est que, à la suite de cette affaire, j’avais brusquement mûri ; un monde tout nouveau pour moi venait de s’ouvrir, dont je ne savais même pas qu’il put exister. Je me répétais sans arrêt : « Il y a donc tant de choses à découvrir encore ! » En d’autres termes, la vie ne se borne pas au cinéma du vendredi soir et aux matches de football ; il y a, dans ma propre vie, beaucoup plus que ce que j’en connais moi-même. Et j’ai commencé à me poser des questions sur les limites de l’humain et de la conscience. Tout un univers inconnu s’offrait à mes recherches. »

Autre déclaration : « Depuis lors, je n’ai plus cessé de m’interroger sur ce que j’ai fait de ma vie, sur ce que je vais faire de ma vie. Ma vie passée, je n’ai pas à m’en plaindre ; je ne crois pas que le monde me doive grand-chose puisque j’ai vraiment pu faire ce que je voulais, et comme je le voulais, et que je suis toujours en vie, et que je peux encore faire davantage. Mais depuis ma « mort », à la suite de mon expérience, j’ai brusquement commencé à me demander si ce que j’ai fait, je l’ai fait parce que c’était bien, ou seulement parce que c’était bon pour moi. Auparavant, j’agissais sous le coup d’impulsions ; maintenant je réfléchis d’abord aux choses, calmement, lentement. Il faut que tout passe d’abord par ma conscience et soit bien digéré d’abord. Je m’efforce de faire en sorte que mes actes prennent un sens, et mon âme et ma conscience ne s’en portent que mieux. J’essaye d’éviter les préjugés, de ne jamais porter de jugements sur les autres. Je cherche à faire ce qui est bien, parce que c’est bien et non parce que c’est bon pour moi. Et il me semble que ma compréhension des choses s’est infiniment améliorée. Je ressens tout cela à cause de ce qui m’est arrivé, à cause des lieux que j’ai visités et de tout ce que j’y ai vu. »
D’autres font état d’un changement d’attitude envers la vie physique qui leur a été rendue. Une femme, par exemple, dit très simplement : « La vie m’est devenue bien plus précieuse depuis lors. »

Un autre sujet précise : « Ce fut une autre bénédiction. Car avant ma crise cardiaque, j’étais perpétuellement centré sur les projets d’avenir de mes enfants, et obnubilé par le passé ; si bien que je me gâchais toutes les joies du présent. Maintenant, j’ai complètement changé d’attitude. »
Certains attestent que leur expérience a profondément modifié leur manière de concevoir l’importance relative du corps physique par rapport à l’esprit. C’est ce qui ressort de façon particulièrement significative des expressions utilisées par cette femme, qui s’était vue séparée de son corps tandis qu’elle allait « mourir » :
« A partir de ce moment, j’ai été plus consciente de posséder un esprit que je ne l’avais été d’avoir un corps physique. C’est l’esprit qui est devenu pour moi la partie la plus essentielle de moi-même, au lieu de la forme de mon corps. Auparavant toute ma vie, cela avait été le contraire : je portais toute mon attention sur mon corps ; quant à ce qui se passait dans ma pensée, eh bien, cela allait de soi, sans plus. Maintenant, c’est mon esprit qui se situe au centre de mes préoccupations, tandis que mon corps a pris la seconde place, celle d’un véhicule pour la pensée. Je ne me suis plus souciée d’avoir ou de ne pas avoir de corps : cela n’a plus présenté d’intérêt dès lors que, à l’égard de toutes choses, c’était mon esprit qui importait le plus. »
Dans un très petit nombre de cas, certains m’ont affirmé qu’à la suite de l’expérience il leur semblait avoir acquis, ou simplement remarqué eux-mêmes, des facultés d’intuition voisines de la médiumnité.

1. « A la suite de ces évènements, j’ai presque eu l’impression d’être remplie d’un esprit nouveau. Depuis lors, on m’a souvent fait remarquer que je produisais un effet calmant sur les gens, agissant de façon immédiate lorsqu’ils se sentent soucieux. Et je me sens mieux accordée avec l’entourage, il me semble que j’arrive à deviner les gens beaucoup plus vite qu’avant. »

2. « Un don que je crois avoir reçu à la suite de ma « mort » est que j’arrive pleinement à deviner les besoins des autres ; souvent, par exemple, quand je me trouve avec d’autres personnes dans l’ascenseur de l’immeuble où je travaille, j’ai presque le sentiment de pouvoir lire leurs pensées sur leur visage, je sens qu’ils ont besoin d’aide, et quelle sorte d’aide. Il m’est souvent arrivé de parler à des gens dans ces conditions, et de les emmener avec moi dans mon bureau avec moi afin de leur proposer mes conseils. »

3. « Depuis mon accident, j’ai souvent l’impression de déchiffrer les pensées et les vibrations qui émanent des gens ; je perçois aussi leurs ressentiments. J’ai souvent été capable de savoir d’avance ce que les gens vont dire avant qu’ils n’ouvrent la bouche. On aura du mal à me croire, mais il m’est arrivé des choses bizarres, très bizarres, depuis lors. Un soir, chez des amis, je devinais les pensées des invités, et quelques personnes qui étaient là et qui ne me connaissaient se sont levées pour partir ; elles m’avaient pris pour un sorcier, je leur avais fait peur. Je ne sais pas du tout si c’est quelque chose qui m’a été donné pendant que j’étais mort, ou si je possédais déjà ce don sans le savoir et ne m’en étais jamais servi jusqu’à ces évènements. »

Une unanimité remarquable se manifeste quant aux « leçons », si je puis dire, rapportées de ces voyages aux abords de la mort. Presque tous les témoignages mettent l’accent sur l’importance, en cette vie, de l’amour du prochain, un amour d’une qualité unique et profonde. Un homme, à sa rencontre avec l’être de lumière, s’est senti totalement aimé et accepté, alors même que toute sa vie se déroulait en un panorama destiné à être vu de l’entité. Il lui semblait que la « question » posée par celle-ci équivalait à lui demander s’il se sentait capable d’aimer les autres avec la même intensité. Il pense maintenant que sa mission sur terre consiste à s’efforcer d’apprendre à aimer ainsi.

En outre, bien d’autres insistent sur l’importance de la recherche de la connaissance. Pendant leur expérience, il leur a été suggéré que l’acquisition de la connaissance se poursuit même dans l’après-vie. Une femme, entre autres, à la suite de sa « mort », n’a plus laissé échapper la moindre occasion de s’instruire. Un homme transmet ce conseil : « Quel que soit votre âge, continuez à apprendre, car c’est, je crois bien, une activité qui ne cesse jamais, même dans l’éternité. »

 

La vie après la vie : De l'autre coté de la mort, l'ultime mystère - Raymond Moody

Docteur Jean-Jacques Charbonier

 

Pour revenir au docteur Charbonier, lui aussi scinde la conscience en deux sortes de conscience :

        -1 / La conscience analytique nous permet de nous situer dans le temps et l’espace. Elle est reliée à nos cinq sens. Elle nous situe ici et maintenant et nous mesure par rapport aux autres personnes et c’est cette conscience qui abrite l’égo qui nous rend jaloux, colérique et qui crée l’attachement à soi ainsi qu’aux choses. Cette conscience analytique analyse tout et fait en nous un bruit assourdissant et empêche l’autre forme de conscience de se développer c’est-à-dire la conscience intuitive. Elle est centrée sur l’égo, la nostalgie, notre propre malheur, la victimisation de notre propre souffrance. Elle est dans le passé et le futur, dans la nostalgie, l’expérience et d’un autre côté, il y a la propension à se projeter dans un futur comme la recherche de l’argent, comme promesse de bonheur à venir.

 

        -2 / La conscience intuitive est reliée à toutes nos capacités extra-sensorielles et reçoit toutes les autres sources d’information. Les animaux, par exemple, ont plus de conscience intuitive que nous car ils « sentent » les choses comme les catastrophes naturelles (cf  tsunami où on n’a pas trouvé de cadavres d’animaux) Ils sont plus dans la sensorialité.

Au moment de la mort, on a une extinction de la conscience analytique. C’est ce que racontent les expérienceurs qui ne savent plus où ils sont, combien de temps a mis le temps  pour s’écouler, au moment de leur passage dans l’autre « dimension ». Et dès lors, ils deviennent médiums, voient des entités, devinent ce qui va se passer après, lisent dans les pensées, ont l’omniscience car sont reliés à toutes les informations possibles. C’est littéralement une explosion de conscience.     

45 secondes d'éternité : La NDE de Nicole Dron

Un documentaire d’Anthony Chene

 

Mais il n’est pas besoin d’être mort cliniquement pour avoir une conscience intuitive développée. Certaines personnes peuvent l’appréhender par la méditation. Les médiums sont aussi branchés sur cette conscience intuitive (télépathie, écriture automatique, voyance, vision d’être de lumière …).  Également pendant le sommeil, pendant un coma, sous hypnose, des prises de plantes comme l’iboga.

 

   L'Expérience de Mort Imminente fait aujourd'hui l'objet de nombreuses recherches à travers le monde, sur tous les continents. Vécue au cours d'un coma, à la suite d'un accident, l'EMI est universelle dans ses caractéristiques essentielles : la sensation de quitter son corps, l'observation de son environnement matériel, le voyage vers et dans la lumière...
La profonde impression que laisse l'expérience transforme les individus, dans le sens d'un changement de valeurs souvent difficilement compatible avec nos modes de vie très matérialistes.

   La portée spirituelle et la dimension parfois mystique de l'EMI ne peuvent être pleinement appréhendées par la science, mais la médecine s'intéresse de longue date à « l'état modifié de conscience » dont l'étude nous renseigne sur la mystérieuse interface cerveau/conscience, ou esprit/matière. La conscience est objet de science. Peut-elle se « délocaliser », permettre d'observer depuis un point de vue extérieur au corps ? C'est ce que suggèrent quantités de témoignages recueillis notamment dans des circonstances de mort imminente. Plusieurs protocoles ont été mis en œuvre dans des centres hospitaliers et CHU, aussi bien en France qu'aux Etats-Unis et ailleurs, pour tenter d'apporter une démonstration de cet effet dans des conditions pleinement contrôlées, selon des standards scientifiques élevés.

« La dynamique enclenchée par le succès des 1ères Rencontres Internationales sur l'Expérience de Mort Imminente, qui ont réuni près de 2000 personnes le 17 juin 2006 à Martigues, a permis de lancer plusieurs programmes de recherche dans l'Hexagone et de faire vivre un débat nécessaire sur les enjeux de ces recherches et la richesse de l'EMI, souligne Sonia Barkallah, organisatrice des Rencontres. Les 2èmes Rencontres Internationales sur l'EMI, qui se tiendront à Marseille les 9 et 10 mars 2013, seront l'occasion de faire le point sur l'avancée de ces recherches, et surtout d'entendre des témoignages inédits de la part de médecins et scientifiques de premier plan. »

Parmi eux, le Dr Jeffrey Long, radiologue (Etats-Unis), le Dr Olivier Chambon, psychiatre (France), le Dr Eben Alexander, neurochirurgien (Etats-Unis), le Dr Eyal Goldberger, médecin et homéopathe (Israël), le Dr Bernard Samson, médecin généraliste (France). Et bien sûr Raymond Moody, Jean-Pierre Postel, Jean-Jacques Charbonnier...
Ils abordent de front les questions que se posent ceux qui s'intéressent de longue date à ces phénomènes, comme ceux qui doutent de leur réalité.


Leurs patients étaient-ils « morts » au cours de l'expérience ? Plusieurs médecins et chercheurs pensent que la « mort clinique » constatée dans bien des cas permet d'affirmer que les patients ont fait l'expérience de la mort. Si la conscience peut exister sans le corps, alors peut-elle y survivre ? C'est aujourd'hui une hypothèse scientifique valide, selon un nombre croissant de scientifiques, qu'il faut pouvoir aborder en dehors des cadres religieux.
L'EMI peut aussi être « négative », cauchemardesque voire infernale.

 

Faut-il mettre à jour nos images du paradis et de l'enfer ? Faut-il mettre à jour notre « disque dur », nos modes de vie, nos conditionnement ?

En effet, depuis que nous sommes enfants nous sommes « formatés » afin de devenir de parfaites mamans, de parfaits citoyens, de bons travailleurs. On privilégie le culte du corps au dépend de celui de l’esprit. Les publicités où tous les (mauvais) coups sont permis, font l’apologie de l’égo, de l’individualisme et du matérialisme, parfois de la bêtise.

 

Mais la réalité est ailleurs. Comme dans le film « Matrix » sorti au cinéma en 1999. 

MATRIX

Ce film a une portée  très philosophique, à l’image de l’allégorie de la caverne de Platon. Dans cette allégorie de la Caverne de Platon, au livre VII de La République, la condition humaine est représentée comme celle de prisonniers enchaînés, inconscients de leur sort, rivés qu'ils sont, en face d'un mur, à contempler des ombres qui passent. Dans notre postmodernité, le mur est devenu écran de télévision et les programmes, la publicité. C’est un peu comme si était entretenue une somnolence devant les images, une hypnose qui confine la consciente dans les apparences et lui interdit de voir la réalité et de se libérer.

 

En quoi Matrix permet-il de ressaisir l'illusion dans laquelle vivent les hommes avec une perspective nouvelle ?

 

Essayons d’y voir clair. Il y a d’un côté le monde des apparences,  le monde quotidien, avec ses exploiteurs et exploités, ses menteurs, avec la souffrance et l’aliénation ordinaire. Le tout au premier degré. Thomas Anderson vit dans ce monde-là avant de rencontrer Morpheus qui lui montre que ce monde-là est gouverné par un autre monde, le monde réel, monde dans lequel l’intelligence artificielle a fini par triompher de l’humain qu’elle vampirise. La Matrice qui tient les ficelles de l’ordre des apparences.

Morpheus est un terme de la mythologie grecque, choisi à dessein. Morpheus est lié à Morphée, celle qui dispense le sommeil et suscite leurs rêves, comme son antithèse. En effet, il est un résistant du réel, qui méne une lutte contre la Matrice. C’est lui qui trouve Thomas Anderson, qui l’envoie dans le réel à la suite de quoi il deviendra Neo.

 

Neo est un jeu de mot sur One. Le Un, le premier, donc l’élu qui doit vaincre la Matrice et qui d’après la légende sera le seul capable de le faire Neo homme nouveau. Il va donc falloir sortir Neo de sa caverne habituelle, lui faire traverser les apparences en lui apprenant les techniques de combat contre la pieuvre mentale, et revenir dans le réel pour vaincre la puissance obscure qui étouffe l’humanité. Alors Neo pourra devenir un libérateur, il saura briser les chaînes  qui maintiennent les autres hommes prisonniers.

 

Jusque-là décidément, la comparaison avec Platon tient la route. Il y a effectivement des analogies. Mais c’est un choix à faire. C’est un destin à choisir que de devenir ou non Neo. Au début, Thomas Anderson doit choisir entre prendre la pilule bleue ou la pilule rouge. Il y a une alternative, d’un côté, il y a un film, Matrix, et de l’autre, il y aurait un autre film. Choisir oui ou non de travailler à la libération de l’humanité. C’est choisir l’insécurité, le danger, l’isolement. C’est rompre avec le monde des apparences,  car le monde des apparences, celui de l’establishment, des conventions, le monde complet-cravate des golden-boys, de la compétition, de l’ambition, de la gloire, de l’argent est faux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

   De ce monde Morpheus dit "hommes d'affaires, enseignants, avocats, menuisiers ils ne sont pas pour la plupart prêts à être débranchés". C’est évidemment se placer du côté du monde réel  celui de la vérité même de ces apparences, car il est tissé dans la virtualité qui ordonne toutes les apparences et les soutient. Ici le message est donc que le monde virtuel est en un sens le vrai monde, car il en délivre l'interprétation.    

     

C'est l'esprit de l'intérieur qui ordonne le réel. C’est une proposition qui choque le sens commun, car justement nous avons le parti-pris que le virtuel, c’est de l’illusion, de l’imaginaire, qui s’oppose au fait de cette réalité terne qui nous entoure.

Que fait Platon dans l’allégorie de la caverne, sinon opérer le même renversement ? Le Monde réel, le monde qui donne son sens et qui est le fondement même à partir duquel jouent les apparences dans le flux du Devenir, c’est le monde intelligible, le monde de l'Être. Au-delà du sensible emporté par le temps, le Virtuel. 

S’il est possible d’agir au niveau de l’intelligence virtuelle, de jouer avec l'illusion, il sera possible de modifier le niveau de l’actuel. On ne modifie l’apparence qu’en modifiant cela même dont elle est la projection. On ne changera pas l’homme en lui refaisant la tête avec un lifting pour le rendre jeune et beau. On changera le monde en changeant l’esprit de l’homme, cet esprit qui a concrétisé le monde actuel.

   Le problème de Néo, c'est de devoir choisir un futur différent, à partir de l'intelligence organisatrice. Pilule bleue, pilule rouge. Soit voir la trame intelligible de ce qui est. Soit retourner dans son tissu, celui de la Matrice et ne plus avoir conscience de rien. Neo, va voir la matrice. Cypher, le traitre, lui, va faire le choix inverse de Néo, le bonheur de l'immersion dans le tissu des apparences.  

Voir implique immédiatement le combat contre l'empire totalitaire de l'illusion. Retourner dormir dans la Matrice, c'est le choix de la facilité de la recherche des plaisirs.

Voir conduit sur le chemin de la libération, mais ce chemin est ardu, et il va falloir façonner en soi le guerrier pour s'y aventurer.

Néo va entrer sur la voie du guerrier et porter la guerre sur le seul terrain où elle est radicale, sur le terrain du mental tentaculaire qui maintient la prise de l'illusion. Le combat virtuel est le combat contre les forces de l'ombre, les puissances de l'inconscient qui maintiennent l'humanité dans une sous-conscience dans laquelle elle n'est pas éveillée.

 

   Dans l'illusion, il n'y a pas de possibilité nouvelle, il n'y a que répétition des conduites anciennes. Pour que surgisse le Nouveau, l'ancien modèle doit mourir, et donc être tué, pour que renaisse l'ouverture du possible.

Sur le plan de l'intelligence créatrice cosmique, tout est possible. Mais encore faut-il s'y inviter. Tous les pouvoirs attendent celui qui est prêt à se donner pour le salut du genre humain.  L'Inde dirait, les siddhis. Ce dont fait mention Patanjali, dans les Yoga-sutra. L'univers peut être recréé de l'intérieur, pour autant que l'élu soit capable de retourner à la Source de tous les pouvoirs. Et c'est un choix radicalement , car s'il fallait compter sur le temps psychologique habituel, l'illusion perdurerait indéfiniment.         

      

   Mais attention, il est indispensable de comprendre, que l'illusion ne prend jamais fin pour autant. La seule manière de s'en libérer, c'est de la reconnaître et surtout de savoir en jouer.

Celui qui est coincé dans le jeu ne sait pas que c'est un jeu et c'est pour cela qu'il y a drame et esclavage.

Celui qui sait qu'il s'agit d'un jeu de l'intelligence cosmique - donc virtuelle - ne sort pas du réel et de sa complexité. il y aura toujours le même monde.

 

Monde des apparences, monde tissé d'intelligence virtuelle. C'est la position du sujet dans ce monde qui détermine le pouvoir qu'il possède sur le monde. Et le choix de pourvoir en créer un autre différent. Tel est le sens de mâyâ, dans la pensée indienne. On ne détruit pas mâyâ, l'illusion, car elle accompagne tout processus de manifestation, mais il est possible de jouer avec mâyâ et s'emparer de sa puissance prodigieuse, sans plus être victime de ses productions.

   

 

Ce qui effraye dans Matrix c’est l’alliance du jeu vidéo, des mangas, du rock gothique, l’agressivité d’une contre-culture très offensive. Mais c’est une nécessité que s’exprime la révolte contre le mensonge, la bêtise et l’ignorance. Il y a bien un   combat contre l’ignorance. Il est singulier dans Matrix que le combat se fasse avec l’aide de l’alliance à la féminité, Trinity. Référence chrétienne à la trinité ? Non, ici Trinity est à la fois la Mère, la Femme et la Guerrière, ce qui sonne plutôt indien comme mythologie.

Donc, ce qui est la réalité de milliards d’êtres humains sur notre bonne vieille Terre n'est peut être qu’une illusion issue de nos conditionnements.

 

Pour  Platon, la réalité ne serait qu’ignorance, également. Son Allégorie met en scène des hommes enchaînés et immobilisés dans une demeure souterraine qui tournent le dos à l'entrée et ne voient que leurs ombres et celles projetées d'objets au loin derrière eux. Elle expose en termes imagés la capacité des hommes à accéder à la connaissance de la réalité, ainsi que la non moins difficile transmission de cette connaissance.

Que l'un d'entre eux soit libéré de ses chaînes et accompagné de force vers la sortie, il sera d'abord cruellement ébloui par une lumière qu'il n'a pas l'habitude de supporter. Il souffrira de tous les changements. Il résistera et ne parviendra pas à percevoir ce que l'on veut lui montrer. Alors, ne voudra-t-il pas revenir à sa situation antérieure ?

 

S'il persiste, il s'accoutumera. Il pourra voir le monde dans sa réalité. Prenant conscience de sa condition antérieure, ce n'est qu'en se faisant violence qu'il retournera auprès de ses semblables. Mais ceux-ci, incapables d'imaginer ce qui lui est arrivé, le recevront très mal et refuseront de le croire : « ne le tueront-ils pas ? »

 

N’est-ce pas ce qui arrive aux expérienceurs ?  A tous ceux qui sortent du chemin tracé par la religion d’une part et les libéro-matérialistes d’autre part ! Non pas qu’on les tue physiquement mais on les discrédite. Après tout, si on a mal agit dans sa vie, savoir qu’il y a quelque chose (quoi que se soit) qui va exister, qui va vous juger etc… est un sacré coup qu’il vaut mieux ignorer afin de continuer une vie plein d’excès, d’égoïsme et d’égocentrisme.

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